Danger des ondes de téléphones portables : en route vers un “phonegate” – Produire des téléphones à faible DAS, c’est POSSIBLE…

Marc Arazi est un médecin qui n’a pas cesser d’alerter les pouvoirs publics sur les dangers potentiels représentés par les ondes de nos téléphones portables sur la santé. Il vient d’écrire en ce sens au nouveau gouvernement.
 A la suite de vos démarches, l’Agence nationale des fréquences (ANFR) a finalement rendu publics les résultats de ses tests sur le rayonnement des téléphones mobiles. Etes-vous satisfait?

Ma satisfaction est comme la publication de ces données : partielle. Début juin, l’ANFR a décidé de publier sur son site une partie seulement des résultats des contrôles de DAS* qu’elle a réalisés entre 2012 et 2016. Ces données confirment que plus d’une centaine de modèles de téléphones portables manufacturés par divers constructeurs présentent un risque réel pour les utilisateurs. Certains d’entre eux affichent des DAS captés au contact du tronc dépassant le triple de la valeur maximale de la norme. A mon sens, il y a eu « tromperie » du consommateur, entre le DAS affiché par les fabricants et le DAS réel révélé par l’ANFR. Il est impératif que les industriels s’expliquent sur leurs pratiques et prennent les mesures d’information vis-à-vis de leurs clients. Il n’est pas anodin qu’Apple, qui a sans doute senti le risque commercial et l’éventuel sinistre financier, commence à communiquer sur le sujet en invitant ses clients soit à utiliser un casque mains libres soit à positionner le terminal à plus de 5 millimètres. D’autant que la technologie à bas rayonnement existe. Les mesures fournies par l’ANFR le prouvent : produire des téléphones à faible DAS, c’est faisable…

Vous critiquez fortement l’ANFR. C‘est pourtant elle qui, en réalisant ces mesures, a poussé la Commission européenne à sortir une nouvelle directive…

C’est Vrai. Mais la nouvelle directive est un sacré modèle d’hypocrisie. Elle ne règle rien de la faillite des protocoles de contrôles internationaux qui fait dramatiquement écho au Dieselgate. Il faut remettre sur l’ouvrage la nouvelle directive RED 2014/53/UE, appliqué depuis le 13 juin 2017 pour tout nouvel équipement. Cette directive fait la part belle aux intérêts des industriels, au détriment de la santé des utilisateurs. Et n’hésite pas, dans son article 5, à assurer aux fabricants « la confidentialité » des informations recueillies. En plus de l’opacité ainsi institutionnalisée, la directive introduit la notion de présomption de conformité. Ainsi peut-on lire dans l’article 42 qu’il pourra y avoir des cas où des téléphones mobiles sont conformes mais qu’ils présentent un risque… Il y a aussi un détail important : comment calcule-t-on le DAS? Aux Etats Unis, on teste le terminal 30 minutes sur l’équivalent d’un gramme de tissu, quand l’Europe réalise cette mesure durant 6 minutes sur 10 grammes de tissu, ce qui génère un facteur 3 entre les deux mesures…. Ce laisser-aller permet aux industriels de mettre sur le marché des produits à risque. Il faut que cela change.



Vous avez donc écrit une lettre à Agnès Buzyn, ministre de la Santé et Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, pour les interpeller sur le sujet…

Nous allons bientôt fêter les 10 ans de l’iPhone. Ces appareils sont devenus des compagnons de la vie de tous les jours, et cela commence désormais dès le plus jeune âge. Ce n’est pas anodin que le Président pose pour sa photo officielle avec deux téléphones mobiles, qui sont les symboles les plus évidents du formidable progrès technologique que nous avons vécu ces dernières années. Or je le répète, les mesures de l’ANFR montrent que 9 téléphones sur 10 posent problème. Outre la modification des normes, il y a un travail sur les habitudes d’usage : éviter de placer son téléphone dans la poche ; utiliser les hauts-parleurs ou un casque ; éviter dans la mesure du possible de placer les plus jeunes au contact des appareils. Cela peut paraître absurde aujourd’hui. Mais ce fut exactement le cas il y a 50 ans avec les premières interrogations sur la cigarette. Fumer était populaire, apprécié et sympathique… mais fumer s’est avéré surtout mortel. Je sais que ce sujet n’est pas facile à mettre sur la table, mais il s’agit là de santé publique, ni plus ni moins. C’est l’objet de notre lettre.

*DAS : débit d’absorption spécifique. C’est la mesure de la quantité d’énergie reçue par l’usagé générée par un téléphone mobile alors que cet appareil fonctionne à pleine puissance.

Dans un rapport l’Agence sanitaire (Anses) indique que les ondes électromagnétiques émises par les téléphones portables et tablettes tactiles « ont un effet possible » sur les fonctions cognitives (mémoire, fonctions exécutives, attention) et le bien être des enfants. Olivier Merckel, chef de l’évaluation du risque lié aux nouvelles technologies à l’Anses détaille les recommandations qui sont faites aux parents.

Quels sont les dangers des ondes électromagnétiques pour les sujets les plus jeunes (enfants) ?

L’Anses a divisé l’ensemble des études sur le sujet et l’on ne peut pas parler de risques avérés et élevés, seulement d’effets possibles de ces ondes sur le bien-être et les fonctions cognitives des sujets jeunes en cas d’exposition: troubles du sommeil, des apprentissages, de la concentration, stress, anxiété… Et pour l’instant, les données collectés actuellement issues ne permettent pas de conclure à l’existence ou non d’effets chez l’enfant sur le comportement, les fonctions auditives, le développement, le système reproducteur ou immunitaire, ni d’effets cancérogènes.

Le risque est-il le même pour tous les enfants quel que soit leur âge ?

Il est difficile de répondre à cette question parce qu’il existe très peu d’études sur les enfants en bas âge. La recommandation de limiter l’exposition s’applique à tous les enfants quel que soit leur âge.

Les dangers potentiels concernent-ils uniquement l’usage de certains appareils par ces enfants ou y a-t-il des risques même lorsque ces objets connectés sont à proximité d’eux ?

C’est le téléphone portable lorsqu’il est tenu directement contre la tête qui expose le plus. Le fait qu’il soit posé très près de la tête d’un enfant n’est pas non plus idéal. Les expositions resultant des tablettes wifi et des objets connectés sont à priori inférieures à celles des téléphones portables.



Sources : marianne.net, 20minutes.fr


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